Cancer du sein au Togo : AKITI Komi appelle à dépasser la seule sensibilisation d’Octobre Rose

Le 1er octobre marque traditionnellement le début d’Octobre Rose, une campagne consacrée à la sensibilisation et à la lutte contre le cancer du sein. Une mobilisation qui met chaque année l’accent sur l’information, la prévention, le dépistage et la prise en charge de cette maladie.

Mais pour AKITI Komi, président du Mouvement La Cloche et engagé dans la promotion de la santé, la mobilisation autour du cancer du sein ne devrait pas se limiter au seul mois d’octobre. Il considère cette maladie comme une problématique à la fois médicale, familiale, sociale et économique, qui nécessite une réponse durable.

Selon les estimations de l’Agence internationale de recherche sur le cancer, l’IARC, 973 nouveaux cas de cancer du sein étaient estimés chez les femmes au Togo en 2022. Le cancer du sein représentait ainsi le cancer féminin avec le plus grand nombre de nouveaux cas dans le pays.

Au niveau mondial, l’Organisation mondiale de la Santé estime qu’environ 2,4 millions de femmes ont reçu un diagnostic de cancer du sein en 2024 et que 694 000 décès étaient attribuables à cette maladie.

Pour AKITI Komi, ces chiffres représentent davantage que de simples données statistiques. Ils renvoient à des femmes, des familles et des communautés confrontées aux conséquences médicales, psychologiques et économiques de la maladie.

Le cancer du sein correspond à une multiplication anormale et incontrôlée de cellules mammaires pouvant former une tumeur. Certaines formes restent localisées tandis que d’autres peuvent atteindre les tissus voisins, les ganglions lymphatiques ou d’autres organes.

L’âge constitue l’un des principaux facteurs de risque. D’autres facteurs peuvent également intervenir, notamment les antécédents familiaux, certaines mutations génétiques comme BRCA1, BRCA2 ou PALB2, les antécédents personnels de cancer, certaines expositions aux rayonnements, l’obésité après la ménopause, la consommation nocive d’alcool et le tabagisme.

Toutefois, l’absence d’antécédent familial ne signifie pas qu’une femme est à l’abri. Une proportion importante des cancers du sein survient chez des femmes ne présentant pas d’autre facteur de risque spécifique que le sexe et l’âge.

Plusieurs signes peuvent également alerter : une boule ou une masse inhabituelle dans le sein, un épaississement, une modification récente de la taille ou de la forme du sein, une rétraction du mamelon, une modification de la peau, une rougeur persistante, un aspect en peau d’orange ou encore un écoulement inhabituel, notamment sanglant, au niveau du mamelon.

Une masse mammaire n’est toutefois pas nécessairement cancéreuse. Certaines masses sont bénignes. Toute anomalie persistante nécessite néanmoins une évaluation médicale.

Dans son plaidoyer, AKITI Komi insiste également sur la distinction entre dépistage et diagnostic précoce. Le dépistage consiste à rechercher une anomalie chez une personne qui ne présente pas nécessairement de symptômes. Le diagnostic précoce vise, quant à lui, à identifier rapidement un cancer chez une personne présentant déjà des signes suspects.

Selon lui, la question du dépistage doit être examinée parallèlement à celle de la capacité du système de santé à assurer la suite du parcours. Une anomalie détectée doit pouvoir être suivie d’examens complémentaires, d’un diagnostic confirmé et, lorsque la maladie est établie, d’un traitement adapté.

Le président du Mouvement La Cloche interpelle ainsi les autorités sanitaires sur la nécessité d’une réflexion globale autour de la prise en charge du cancer du sein. Il évoque notamment la question d’un dépistage gratuit ou fortement subventionné pour certaines catégories de la population.

Mais pour AKITI Komi, la gratuité du dépistage ne devrait pas constituer une fin en soi. Il estime qu’elle doit être associée à des mécanismes permettant de prendre en charge les différentes étapes du parcours de soins.

Une femme dépistée gratuitement mais confrontée ensuite à des difficultés financières pour réaliser une biopsie, obtenir les résultats anatomopathologiques, subir une intervention chirurgicale ou poursuivre un traitement se retrouve en effet face à une nouvelle barrière d’accès aux soins.

La question posée est donc celle de la protection financière des patientes.

Au Togo, l’Assurance Maladie Universelle constitue l’un des dispositifs mis en place pour renforcer la couverture sanitaire. La question de la prise en charge des pathologies nécessitant des traitements longs et coûteux demeure cependant un enjeu important pour les ménages et le système de santé.

AKITI Komi appelle ainsi à renforcer les mécanismes de solidarité et de protection financière afin que les difficultés économiques ne deviennent pas un obstacle à la continuité des soins.

Son plaidoyer porte également sur le renforcement des capacités du système de santé. Il cite notamment l’accès à l’imagerie médicale, à l’anatomopathologie, à la chirurgie, à l’oncologie, à la radiothérapie, aux médicaments, aux soins palliatifs et aux services de réadaptation.

Car la prise en charge du cancer du sein ne s’arrête pas au traitement de la tumeur.

Après une chirurgie ou certains traitements, des patientes peuvent présenter des difficultés de mobilité, une fatigue importante, un lymphœdème ou d’autres limitations fonctionnelles. La kinésithérapie et les autres formes de réadaptation peuvent alors contribuer à la récupération des capacités physiques et à l’amélioration de la qualité de vie.

Pour le président du Mouvement La Cloche, cette dimension de la prise en charge mérite également une meilleure considération dans les politiques de santé.

AKITI Komi plaide par ailleurs pour une meilleure organisation du parcours des patientes. Il propose notamment de renforcer l’orientation et l’accompagnement des femmes depuis la découverte d’une anomalie jusqu’au diagnostic et au traitement.

Il appelle également les acteurs du secteur de la santé, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé à renforcer leur collaboration autour de cette problématique.

Pour lui, Octobre Rose doit donc être considéré comme un moment de mobilisation, mais aussi comme une occasion d’évaluer les avancées et les insuffisances dans la prise en charge du cancer du sein.

Son interpellation s’adresse particulièrement aux pouvoirs publics : renforcer la prévention, améliorer l’accès au diagnostic précoce, réduire les délais de prise en charge et examiner les mécanismes susceptibles de diminuer le coût supporté par les patientes.

La lutte contre le cancer du sein ne se limite toutefois pas au dépistage. Elle comprend également la prévention, le diagnostic, le traitement, le suivi, la réadaptation et l’accompagnement psychologique et social.

C’est pourquoi AKITI Komi souhaite que la mobilisation d’Octobre Rose puisse déboucher sur des actions qui se poursuivent tout au long de l’année.

Une maladie diagnostiquée tôt peut être prise en charge dans de meilleures conditions qu’une maladie découverte à un stade avancé. Mais encore faut-il que le système de santé puisse assurer la continuité du parcours après le diagnostic.

À travers son plaidoyer, le président du Mouvement La Cloche appelle donc à passer d’une logique de sensibilisation ponctuelle à une approche plus globale du cancer du sein.

 

Pour AKITI Komi, informer les femmes constitue une première étape. Leur permettre d’accéder au diagnostic, au traitement et à la réadaptation dans des conditions financièrement accessibles représente l’étape suivante.

En ce mois d’Octobre Rose, son appel porte ainsi sur une mobilisation collective impliquant les autorités publiques, les professionnels de santé, les organisations de la société civile, les partenaires au développement et les communautés.

L’objectif, selon lui, est de faire de la lutte contre le cancer du sein une préoccupation permanente de santé publique et de faire en sorte que la sensibilisation puisse se traduire par un accès réel et continu aux soins.

Octobre Rose ne serait alors plus seulement un rendez-vous annuel de communication autour du cancer du sein, mais également un moment de réflexion sur les moyens de renforcer durablement la prévention, le diagnostic, le traitement et l’accompagnement des patientes au Togo.